Etrange ambiance hier lors du conseil Municipal de Strasbourg

5917463-ouverture-vendredi-des-journees-de-strasbourg-du-nouvel-obsÉtrange conseil municipal hier.
Pendant toute la durée des débats, nous avons été plusieurs à avoir l’impression que le chef de la majorité n’était plus Roland Ries mais Philippe Bies. Ce dernier faisait feu de tout bois.
L’absence de Catherine Trautmann qui avait donné procuration à Robert Herrmann interpellait également. Ses déclarations du jour dans les DNA apportent des éléments de réponse…

Après un débat sur le travail dominical où les élus socialistes ont tenu un discours surprenant – avec un petit effort on les sentait prêts à revenir sur les 35H – le tangage du groupe majoritaire a atteint son paroxysme lors des discussions autour des motions.

D’abord sur la question du cumul où manifestement, Philippe Bies et ses troupes ne voulaient pas faire aboutir ce texte pourtant proposé et voter par ses propres collègues de la gauche parisienne siégeant au sein du conseil de Paris.
D’après lui et ses camarades, il visait Fabienne Keller et Roland Ries. Faux, il s’agissait surtout de prendre un engagement solennel devant nos concitoyens en ne regardant pas dans les rétroviseurs mais résolument vers l’avenir.
La réalité de ce vote PS est moins glorieuse que ce que Philippe Bies et ses proches ont bien voulu laisser croire. Les vraies raisons de leur positionnement sont ailleurs. Il fallait tout simplement protéger les intérêts de deux élus socialistes à savoir Catherine Trautmann, Députée européenne, vice-président de la CUS et Présidente du port autonome de Strasbourg et… Philippe Bies toujours président de CUS Habitat et d’Habitation Moderne qui auraient tous les deux dû renoncer à leurs fonctions en mars 2014, en cas d’adoption de cette motion.
Les arrière-pensées politiciennes n’étaient donc pas là où certains les mettaient.
En refusant de voter cette motion, les élus PS laissent à penser aux strasbourgeoises et aux strasbourgeois que leur engagement sur le non-cumul est aussi fort que celui pris par Roland Ries en 2008 sur le fait qu’il n’effectuerait qu’un seul mandat…
Oubliées donc les bonnes intentions pour sauver la politique !
A cet instant, je ressens ce qu’ont pu ressentir les 10 parlementaires qui ont voulu faire bouger les choses. Les grosses ficelles sont de sortie avec ces comportements visant à défendre quelques privilèges et des argumentaires visant à tourner en dérision une proposition d’avancée. EELV à travers la voix de Chantal Augé abonde dans mon sens. Leurs élus sont prêts à bonifier cette motion même s’ils sont gênés par la tournure des débats. Fabienne Keller et son groupe, eux, ne se déroberont pas en prenant clairement leurs responsabilités devants les strasbourgeoises et les strasbourgeois.

Ensuite est intervenue la présentation de la motion déposée par Pascal Mangin et portant sur l’affaire Bamako.
A la surprise générale de tous les groupes politiques autres que le groupe majoritaire, le débat a été rejeté par Roland Ries. Aucune discussion n'est possible. S'en suit un passage en force au vote, dans la confusion générale, pour abréger la discussion. C’est du jamais vu à Strasbourg ce qui démontre, une nouvelle fois que, dès que le dossier Bamako est abordé, nous sortons du cadre classique pour retenir systématiquement une procédure d’exception.
Est arrivée ensuite sur la table la motion portant sur la LGV Rhin-Rhône. Là, la majorité a sorti un une motion de derrière les fagots, déposée hors délais, uniquement pour contrer celle présentée par Fabienne Keller au lieu d’amender cette dernière, au lieu de chercher un consensus autour de ce projet important pour l’Alsace et Strasbourg. Le consensus fut finalement trouvé sur le tard.

Enfin, est arrivé le débat autour de la motion relative à la situation en Turquie. On y parle démocratie, droits de l’Homme, droit de l’opposition,… Quel sentiment étrange après la présentation de la motion sur Bamako où le maire de Strasbourg venait de refuser le débat et surtout de donner la parole à son opposition. Étrange pratique que de dénoncer chez les autres, ce qu’on n’accepte pas soi-même…
Plus surprenant encore, l’éclatement public de la majorité sur cette question. A ce moment là, je suis hors de l’hémicycle, dans nos bureaux et je constate sur mon écran que Philippe Bies est encore à la manœuvre, distribuant les bons et les mauvais points et donnant sa définition de ce qu’est ou non un bon socialiste. Saban Kieper Intervient. Mine Gunbay aussi. Au passage, cette dernière s’en prend violemment à Olivier Bitz, président du groupe PS qui « musèlerait » les élus de la majorité « Non, tu ne me feras pas taire » lance-t-elle. « Pourquoi ce sont toujours les modérés qui devraient se taire ?». Ambiance.
Étrange conseil municipal disais-je en liminaire. On attendait un Roland Ries en chef de file avec une équipe soudée autour de lui. Nous avons découvert un Roland Ries en retrait, isolé, mis en minorité par certains cadre du PS local qui sont allés jusqu’à contester son autorité au sein même du conseil municipal.

Lors du débat portant sur le compte administratif, j’évoquais la campagne à venir et la sincérité des engagements en citant Marcel Pagnol. Je ne pensais pas que cette phrase collerait aussi bien à ce conseil et certainement aussi à la campagne à venir « S'il faut toujours dire toute la vérité à la clientèle, il n'y a pas de commerce possible. »

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