Mandat 2008-2014 de Roland Ries : un mandat pour rien ou plutôt pour pas grand-chose

DSCF3095Conseil municipal de Strasbourg du 16 décembre 2013
Intervention relative au point N°1 : Budget primitif 2014

Monsieur le Maire,
Chers collègues,

Je constate que ce dernier débat budgétaire est éminemment politique. Le contraire aurait été surprenant puisque le budget doit traduire la mise en œuvre d’une vision politique aussi bien à la ville qu’à la CUS.

Je vois bien que vous êtes gênés à l’évocation des questions de fiscalité et de dette. Vous préférez vous arrêter à l’année 2012 et cacher la réalité pour les années 2013, 2014 et les suivantes. Le rapport de l’institut Montaigne, la note du cabinet Klopfer constituent un trompe l'œil, un écran de fumée destiné à éloigner les regards sur les années qui vous dérange gent puisqu’il ne porte que sur la période 2008/2012

Ca ne vous fait pas plaisir que votre opposition ne tombe pas dans le panneau.
Ca ne vous fait pas plaisir qu’elle relève que vous avez effectué un transfert de fiscalité sur la CUS en augmentant les impôts ménages, les impôts sur les entreprises comme la taxe sur les ordures ménagères.
Ca ne vous fait pas plaisir que nous évoquions les nombreuses hausses des tarifs ville et CUS. Comment ne pas reparler de la CTS, les +23% d’augmentation pour le ticket simple, mais elle n’est que l’arbre qui cache la forêt. Tous les tarifs ville et CUS ont augmenté. Vendredi, notre collègue en charge des fiances proposera une hausse des tarifs piscine par exemple, hausse que vous allez naturellement approuver et qui portera le prix du ticket individuel d’entrée à 4€ soit une progression de 21% depuis 2008 !
Ca ne vous fait pas davantage plaisir que nous relevions que la dette cumulée de la ville et de la CUS ait augmenté de 156M€, 50M€ pour la ville et 104 pour la CUS.
Ca vous fait encore moins plaisir que nous nous inquiétions des 261 M€ que vous programmez pour nos deux collectivités en 2014.
Ca ne vous fait pas plaisir non plus que nous nous inquiétons de la hausse des intérêts de la dette que nos deux collectivités versent annuellement,  à l’instar de la baisse de nos capacités d’autofinancement actuelle et surtout à venir.
Et pourtant, tous ces éléments constituent une réalité, une réalité qui vous dérange, monsieur le maire.

La question qui se pose, la seule qui en réalité a une réelle importance, c’est de savoir si grâce à votre politique menée depuis 2008, la vie des strasbourgeoises et des strasbourgeois est meilleure aujourd’hui qu’en 2008.

Vivent-ils mieux aujourd’hui ? Sont-ils plus heureux de résider à Strasbourg ?
Cette réponse, monsieur le maire, est loin d’être affirmative.

La vie à Strasbourg est aujourd’hui plus chère notamment du fait de votre politique tarifaire et fiscale. Elle a entrainé une baisse importante de leur pouvoir d’achat déjà plombé par la crise économique qui a eu pour effet de geler leurs revenus.
A titre d’exemple, un contribuable habitant cronenbourg qui n’a pas changé de résidence, dont la situation familiale n’a pas évolué, a vu passer sa TH qui était en 2009, année où vous étiez pleinement aux responsabilités,  de 707€  à 885€ en 2013 soit une augmentation de 25%, 178€ en monnaie sonnante et trébuchante. Cela n’est pas ce que l’on peut appeler de la stabilité fiscale !

Par ailleurs, beaucoup de nos concitoyens ont perdu leur emploi. Le taux de chômage à Strasbourg et dans la CUS atteint des sommets. Nous abritons plus de la moitié des demandeurs d’emploi du département. La grande majorité des bénéficiaires des minimas sociaux résident à Strasbourg et dans la CUS.
Il me semble difficile de leur expliquer que leur vie s’est améliorée au cours des six années passées ce d’autant plus que votre promesse de créer des maisons de l’emploi dans chaque quartier est passée aux oubliettes. 

Je pense aussi aux entreprises, aux commerçants. Combien de commerces ont-ils fermé leurs portes dans les quartiers strasbourgeois, loin de la lumière du centre ville et des centres commerciaux ?
Le quartier de Koenigshoffen par exemple, devient de plus en plus un quartier dortoir où beaucoup de rideaux de commerce se sont refermés.

Les déplacements de nos concitoyens sont-ils aujourd’hui plus faciles ? Entre la progression des bouchons qui congestionnent les autoroutes, l’absence de véritables extensions du tramway notamment vers l’Ouest, la Robertsau ou le Neuhof, la réduction drastique de l’offre de stationnement qui a d’ailleurs vu ses tarifs également augmenter, je ne le crois pas.
Ont-ils vu les offres de services progresser ? Là encore la réponse est mitigée. En 2008, vous promettiez un nouvel opéra, une nouvelle piscine, la rénovation des bains municipaux, une gare à 360°, un tram train Obernai Offenbourg, un évènement estival fort et j’en passe. Tout cela n’a pas vu le jour.

Vous avez endetté nos deux collectivités, tout en augmentant les prélèvements et franchement, il est difficile de voir où cet argent public est passé.
La qualité de vie de nos concitoyens ne s’est pas véritablement améliorée, elle s’est même nettement dégradée pour beaucoup d’entre eux.
Par charité,  je ne vous parlerez pas des conséquences de la politique menée par le gouvernement que vous soutenez, mais elles sont clairement ressenties par les strasbourgeoises et les strasbourgeois.

J’ai beaucoup réfléchi à comment qualifier votre mandat monsieur Roland Ries, je crois qu’hélas, nous avons connu un mandat pour rien ou plutôt pour pas grand-chose.

Je vous remercie.

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