Oui à la vente des actions de la SIG, mais à un juste prix !

Logo_Strasbourg_Illkirch_Graffenstaden_Basket* Tribune publiée par les DNA le 27/02/2016

Le dernier conseil municipal de Strasbourg a validé la vente des 1 322 actions de la SIG détenues par la Ville au profit de la SAS SIG et Entreprises pour la somme de 100 763 euros.
L'Eurométropole devra prochainement se prononcer sur la vente des 1 081 actions qu'elle détient pour la somme de 82 394 EUR.

La SIG, club vitrine de Strasbourg, évoluant en Pro A, champion de France 2006 et plusieurs fois finaliste, jouant l'Euroligue, et l'Eurocup est donc valorisé par les collectivités à environ 400 000 euros, soit moins qu'un appartement cinq pièces dans les futures tours de la presqu'île Malraux.
Sur le principe, je suis extrêmement favorable au désengagement des collectivités dans le financement des clubs sportifs professionnels et de leurs équipements sportifs (stade, arène, salle…)
En France, nous avons encore trop la culture du financement public, contrairement à nos voisins allemands, anglais ou espagnols qui sont passés à l'ère du privé.
La démarche engagée en faveur de la privatisation de la SIG me semble donc aller dans le bon sens.
Pour autant, ce n'est pas parce que les collectivités se désengagent qu'elles doivent brader leurs actions.

Pas question de braderles actions

La Ville de Strasbourg est actionnaire du club à hauteur de 25 %, l'Eurométropole à 20 % et la Ville d'Illkirch à 5 %. Elles sont donc les actionnaires majoritaires.
Pourtant, ces trois collectivités vont vendre leurs actions sans avoir procédé au moindre appel d'offres, sans la moindre mise en concurrence et surtout sans avoir fait estimer la valeur réelle du club.
Chaque année, Ville et Eurométropole soutiennent fortement la SIG à travers une subvention et des prestations de services. Pour la saison 2015-2016, ces engagements représentent un soutien de plus d'1.8 million d'euros. Sur les 10 dernières années, ce sont plus de 16 millions d'euros d'argent public qui ont été engagés en faveur du club.
Ces montants sont à comparer aux 100 000 EUR de rentrées générées par cette vente pour la Ville et aux 82 000 EUR pour l'Eurométropole. Ces sommes semblent dérisoires au regard des financements consentis et des investissements réalisés par les collectivités. Voilà pourquoi je pose la question : ce prix de vente est-il le juste prix ?

Plusieurs questions sans réponse

La SAS SIG et Entreprises doit donc devenir l'actionnaire majoritaire du club mais plusieurs questions demeurent toujours sans réponse.
Cette SAS pourra-t-elle par exemple revendre le club ? Si oui, les collectivités toucheront-elles un intéressement sur cette vente ? Les actionnaires de la SAS pourront-ils réaliser un bénéfice lors d'une vente et se le partager ?
Rien dans les éléments communiqués par le maire de Strasbourg ou dans la délibération présentée aux élus n'évoque cela. Nous n'avons pas davantage de précisions sur le fonctionnement futur de la SIG.
Outre les questions soulevées par cette vente, se posent aussi celles suscitées par la réalisation de l'ARENA envisagée par le club.
Là encore, l'idée qu'une structure sportive soit exclusivement financée par le privé me semble aller dans le bon sens et je forme le voeu que nous nous en tenions réellement à cela y compris pour la réalisation des parkings.
Pour autant, l'élu local que je suis, soucieux de saine gestion de l'argent public et des actifs des collectivités, n'oublie pas que l'actuel Rhénus Sport appartient depuis 2004 à l'Eurométropole.
Il me semble donc important de savoir sur quelles bases juridiques sera alors construite la future ARENA.
La collectivité va-t-elle vendre à la SIG cet équipement rénové à hauteur de 12 MEUR, en 2004 et si oui, à quel prix ?
Ou alors va-t-elle passer par un bail emphytéotique et si oui, sur quelle durée ?

La question de l'évolution des participations financières des collectivités

La SIG privatisée, le Rhénus privatisé ou semi-privatisé, se pose naturellement la question de l'évolution des participations financières des collectivités dans le financement du club.
Ville et Eurométropole reverront-elles à la baisse leur contribution qui est actuellement de 1,8 M EUR par année ? Dans la mesure où les collectivités ne seront plus actionnaires et que cette privatisation a notamment pour objectif de les désengager du sport professionnel, cela semblerait logique.
Pourtant, ni le maire de Strasbourg, Roland Ries, ni le président de l'Eurométropole, Robert Herrmann, ne nous ont fait part de leurs intentions.
Oui, l'actuelle gestion de la SIG est excellente. Oui, les résultats sportifs le sont également. Mais, comme beaucoup de Strasbourgeois, je n'oublie pas qu'il est aussi question de beaucoup d'argent public.
Je garde à l'esprit que tout peut évoluer très rapidement dans le sport professionnel. Les actualités successives que nous avons connues avec le Racing depuis sa revente, que ce soit au niveau de la gestion du club ou des multiples annonces autour du stade dont le mémorable Eurostadium, ont démontré qu'en la matière, il fallait demeurer prudent.
Au regard de la bonne gestion des finances publiques, aujourd'hui encore plus qu'hier, nous devons être prévoyants et anticiper toutes les éventualités. Surtout, nous devons veiller à ce que les actifs des collectivités soient valorisés et cédés au juste prix.

Pour toutes ces raisons, je n'ai pas voté en faveur de cette délibération.

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