8ème hausse des tarifs de la CTS depuis 2008 !

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Conseil de l'Eurométropole du 24 mars 2016
intervention relative au point 23 Revalorisation des tarifs CTS et évolution de la billettique.

Retrouvez la vidéo de ce débat en cliquant  ICI

Monsieur le Président,
Chers collègues,

Vous nous demandez aujourd’hui d’entériner la 8ème hausse des tarifs de la CTS depuis 2008 !

Si je m’en tiens aux trois dernières années, les tarifs de la CTS auront donc progressé de 2.24% en 2016, 1.79% en 2015 et  3.37% en 2014 alors que l’inflation était ces trois dernières années de 0% en 2015, 0.5% en 2014 et 0.9% en 2013.
Je suis d’ailleurs étonné de constater que pour la première fois depuis 2008, la délibération que vous nous présentez ne fait nullement référence à l’inflation alors que toutes les précédentes l’invoquaient pour justifier ces hausses.
L’évolution des dépenses de fonctionnement étaient aussi mise en avant. Là encore cette année, la délibération n’en fait pas mention.

Pour illustrer mon propos, je vous rappelle les motifs invoqués dans la délibération de 2015 pour justifier l’augmentation tarifaire : « Dans cette proposition tarifaire 2015, la majoration moyenne des tarifs CTS sera de 1,79 %, dans un contexte où le taux d’inflation est proche de 0,5 % et l’évolution des charges de fonctionnement de 1,5 %. »

Cette année, la hausse que vous nous proposez est de 2.24% en moyenne, avec une inflation nulle mais sans aucune mention des évolutions des dépenses de fonctionnement.
Pour l’eurométropole, vous nous annonciez lors du vote du BP que ces dépenses seraient quasi nulles en 2016, j’ose espérer que les bonnes intentions affichées à la métropole en la matière se prolongent dans nos SEM et notamment la CTS.

Vous annoncez également un taux de couverture à 40 %. C’est ce chiffre qui est l’élément clé de votre politique : améliorer le taux de couverture en réduisant au maximum la participation directe de la métropole.
Le versement transport (qui est obligatoire pour les entreprises et qui finance obligatoirement les dépenses d’investissements et de fonctionnement en matière de transports) étant de 98M€ en 2016, la participation de l’EMS au budget de la CTS via le budget principal est actuellement d’environ 17M€.
En 2008, le versement transport rapportait 80.5M€ à la CUS et la contribution à la CTS pesait pour 40M€ sur le budget principal.
En poussant à son maximum le taux du versement transport, en augmentant année après année les tarifs de la CTS vous avez mécaniquement réduit la participation directe de notre collectivité de 40 à 17M€.
Ce n’est pas une critique, monsieur le Président. C’est un simple constat qui illustre la politique menée.
Vous avez augmenté la contribution des entreprises de deux manières, la première via le versement transport et la seconde via la hausse des abonnements dont s’acquittent pour moitié les entreprises pour leurs salariés.
De l’autre vous avez mis fortement à contribution les usagers en augmentant tous les tarifs.

Trois tarifs illustrent cette politique :

  • Le prix du ticket simple qui sera passé de 1,30€ en 2008 à 1.70€ (+30.7%) au 1er juillet
  • Le prix de l’aller retour qui sera passé de 2,50€ en 2008 à 3,30€ (+ 32%) au 1er juillet
  • Le prix de l’abonnement qui sera passé de 40€ en 2008 à 49.80€ (+ 24.5%) au 1er juillet

Tous ont augmenté plus fortement que l’inflation cumulée sur les 8 dernières années.
Tous ont augmenté plus fortement que les dépenses de fonctionnement car l’objectif inavoué de votre majorité est tout simplement de dégager des marges de manœuvre au budget principal de l’Eurométropole en diminuant le poids du poste des transports publics.
J’en veux pour preuve encore les diverses « innovations » tarifaires comme par exemple cette année la création d’un titre « secours » à 2 €, vendu à bord des bus au lieu des 1.70€ pour le reste du réseau. Voilà encore une belle idée pour augmenter les recettes, bien habillées par des éléments de langage de circonstance.

Ce que je vous reproche depuis 2008, Monsieur le Président, c’est de ne pas reconnaitre franchement vos intentions. Il est vrai que reconnaitre cet état de fait c’est en même temps reconnaitre la très mauvaise santé financière de l’Eurométropole qui vous pousse d’ailleurs depuis 2012 à actionner lourdement le levier fiscal.

Ce que je vous reproche aussi, c’est le manque de cohérence dans les priorités politiques affichées.
On ne peut pas annoncer d’un coté vouloir réduire la part de la voiture en Ville pour des questions environnementales, en pratiquant la contrainte financière comme cela est le cas avec la hausse des tarifs de stationnement et l’extension de son périmètre à Strasbourg, et de l’autre rendre de moins en moins attractifs les transports en communs, alternative à la voiture pour les usagers.
Cette incohérence sur les questions environnementales se prolonge jusqu’au versement d’une subvention pour baisser les charges aéroportuaires et donc favoriser le transport aérien reconnu comme le plus polluant. Cette subvention est d’ailleurs bien plus importante que ce que rapporte la nouvelle hausse des tarifs de la CTS…   Cette subvention n’a d’ailleurs pas empêché la suspension récente des vols vers Londres ou la fermeture de la liaison vers Orly.

Là où il faudrait une cohérence dans les politiques publiques menées, nous assistons à une simple politique financière que supportent ou plutôt subissent les entreprises et nos concitoyens.

Je me demande si vous mesurez l’exaspération des habitants et des entreprises face aux hausses tarifaires et fiscales, qu’elles soient nationales et locales, alors que le pouvoir d’achat de nos concitoyens n’a pas progressé depuis plusieurs années.

Avant d’actionner ces leviers, il faudrait d’abord songer à maitriser réellement les dépenses de fonctionnement à la métropole comme dans ses SEM et notamment la CTS.

Je vous remercie.

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