Oui à une rénovation du stade de la Meinau mais pas à n’importe quel prix !

Stade_de_la_MeinauConseil municipal du 29/09/2016
Point 22 : Participation financière de la Ville de Strasbourg à la réalisation d’une étude de restructuration du stade de la Meinau.

 

Monsieur le Maire,
Chers collègues,

Nous voici donc amenés à débattre à nouveau autour d'une question liée au Racing Club de Strasbourg.

Je dois dire que ce débat me réjouis car aujourd'hui, nous sommes confrontés, pour ainsi dire, à un problème de riches alors qu'il y a quelques années, il s'agissait de tout faire pour sauver le club et de tout mettre en œuvre pour que Strasbourg redevienne une place forte du football en France.

Nos échanges étaient alors nombreux et je dirais même de qualité avec votre premier adjoint, Alain Fontanel.
Je me souviens d'ailleurs que nous n'étions pas très nombreux à nous risquer à parler du racing.
Nul doute que les vocations vont se démultiplier à présent.

Pour ma part, je resterai dans cet esprit constructif qui avait prévalu à l'époque loin des démagogies et du clientélisme électoral.

Tout d'abord, si nous sommes amenés à débattre à nouveau de la question du stade, c'est parce que le club, ses joueurs, ses dirigeants ont réalisé un parcours exceptionnel leur permettant de retrouver la ligue 1.
Je crois que leur succès mérite d'être salué et reconnu à sa juste valeur car passer du national à la ligue 1 en deux saisons n'est pas une mince affaire !
Je pense aussi qu'on peut tirer un coup de chapeau aux collectivités qui ont maintenu un subventionnement très conséquent, y compris en CFA, pour permettre au club d'avoir les moyens de remonter rapidement.

Aujourd'hui, vous nous proposez de cofinancer une étude portant sur l'avenir du stade de la Meinau.

Je n'y vois naturellement aucun inconvénient, bien au contraire.

Les choix portant sur un tel équipement doivent être réfléchis, finement pesés et en aucun cas précipités même sous l'effet d'une effervescence liée à la montée.

Le club mais aussi les collectivités doivent s'appuyer sur l'expérience de l'Euro 2016. Nous devons regarder les réalisations qui ont fonctionné et celle qui ont échoué.
Le club doit aussi réfléchir à son modèle économique et c'est d'ailleurs ce qui me semble le plus urgent.

Nous avons déjà eu ces débats ici-même et je sais que Robert Herrmann, comme moi, n'est pas un chaud partisan pour que les collectivités continuent de porter une grosse part des investissements liés à des structures dont les normes nous sont imposées par des fédérations sans qu'elles ne puissent bénéficier du moindre retour financier lié à cet investissement.

Aujourd'hui, les clubs qui fonctionnent, notamment outre-rhin ou en Espagne, sont des clubs qui sont totalement indépendants des collectivités. Ce sont des clubs qui sont propriétaires de leur stade et de leurs infrastructures.

En France, seul l'olympique Lyonnais de Jean Michel Aulas a emprunté cette voie pour réaliser son nouveau et néanmoins splendide stade.

Bordeaux, Lille, Nice Marseille ou même Paris sont passés par de formats PPP ou totalement publics.

Dans ces villes, les stades réalisés ont été sur dimensionnés.  Le stade Matmut Atlantique a un taux de remplissage proche de 55%. L'Allianz Riviera de l'OGC Nice, pourtant magnifique troisièmes de ligue 1, affiche un taux de remplissage de 64% pour une capacité de 35 500 spectateurs. Même taux de remplissage pour Geoffroy Guichard à Saint Etienne.

Les modèles économiques pèsent fortement sur les collectivités. Marseille, Bordeaux en font les frais. A Nice, le montage se trouve actuellement devant les tribunaux.

A Strasbourg, il nous faudra être intelligents et patients.

Intelligents dans le montage financier de manière à éviter qu'une telle réalisation plombe nos finances.
Intelligents dans le dimensionnement nécessaire de manière à avoir un bon taux de remplissage.
Cette saison, l'affluence moyenne de la Meinau a été de 17 013 spectateurs pour 29 000 places dont 23 000 assises. Cela représente un taux de remplissage de 58%.
Cette fréquentation moyenne a néanmoins été boostée par la fièvre qui s'est emparée en Alsace pour les 4/5 dernières rencontrent permettant l'accession à la ligue 1.
Ces derniers matchs où le stade de la Meinau était devenu l'endroit où il fallait être, où fallait se prendre en selfie, pour bien montrer qu'on était dans le vent.
Il ne faut pas pour autant oublier les rencontre hivernales contre Orléans par exemple avec 12 000 spectateurs officiellement recensés bien que dans le Stade nous devions être moins de 10 000, beaucoup d'abonnés n'ayant pas fait le déplacement ce lundi-là.

Ce sont bien tous ces éléments qu'il faut prendre en considération dans le montage financier car un stade ne doit pas être construit pour une ou 2 rencontres dans la saison.

La saison prochaine, je pense que la Meinau va battre des records d'affluence sous l'effet de la montée tant attendue. Mais qu'en sera-t-il dans une ou 2 saisons ?
En dehors des grosses affiches contre Paris, Marseille, Monaco quid des autres rencontres ?

Voilà un exemple de questions auxquelles cette étude devra tenter de répondre.

Dans mon esprit, au regard des contraintes budgétaires qui pèsent sur nos collectivités et qui vont continuer à s'accentuer, les collectivités ne peuvent plus subventionner à un tel niveau des clubs professionnels comme les clubs de foot.

Elles peuvent encore moins réaliser des travaux de modernisation ou de construction d'un stade pour un minimum de 80M d'euros.

Je ne ferai donc jamais parti de ceux qui d'un coté exigent la maitrise des impôts locaux et qui de l'autre veulent continuellement flamber l'argent public.

J'approuve donc cette étude mais vous propose également de constituer un groupe de travail entre les collectivités concernées pour accompagner et suivre la réalisation de cette étude.

Je vous remercie  

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